Sommet Afrique-France : l’absence de deux importantes organisations des sociétés civiles africaines se fait remarquer


Le 28e sommet France-Afrique, le « nouveau sommet », selon la terminologie officielle, a été ouvert ce vendredi 8 octobre 2021. Alors que la terminologie « nouveau sommet » tire son origine de son caractère nouveau, celui d’inviter les sociétés civiles africaines et les jeunes à la place des chefs d’État, deux importantes organisations des sociétés civiles africaines sont absentes à cette rencontre.

La Lutte pour le changement (LUCHA), l’un des plus grands mouvements des droits de l’homme en République démocratique du Congo, regroupant des milliers de jeunes Congolais ; « Y en a marre », un mouvement apolitique créé par des rappeurs et des journalistes pour exprimer leur ras-le-bol face à l’injustice sociale, la corruption et la mal-gouvernance, regroupant aussi des milliers de jeunes Sénégalais, sont les deux grands absents de ce sommet.

Pourtant, le sommet est censé donner la parole aux peuples africains, notamment les sociétés civiles et les jeunes, aux dires du président français. Une situation qui appuie beaucoup de raisonnements pessimistes sur la bonne foi de la « France-Afrique ». D’aucuns pensent que ce sommet s’inscrit dans une vaste offensive de communication destinée à dissimiler la continuité du joug « néocolonial » sur les pays africains, quand on se réfère aux récentes prises de bec de la France avec ses anciennes colonies, le Mali, le Gabon, la Centrafrique, l’Algérie… le « nouveau sommet » serait donc le moyen parfait pour la France de « diviser pour mieux régner » en invitant les organisations « profrançaises » au détriment des « antinéocolonialistes ». D’où l’absence de ces deux mouvements « Y en a marre » et la « LUCHA », deux organisations de la société civile connues pour leur témérité à couper le cordon ombilical avec les anciens colonisateurs.

Cependant, même si cette théorie reste une hypothèse, l’absence de ces deux mouvements donne à réfléchir sur l’issue de la rencontre.

Abdoulaye Konimba KONATÉ  

 

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article